Quelques événements du 24 FÉVRIER

24 février -45 av. J.-C.
César décide d'appliquer un nouveau calendrier, sachant que l'année correspondait en réalité à 365 jours un quart, et instituant par conséquent l'ajout tous les quatre ans, d'une journée après le 24 février, qui s'appelerait sixième jour avant les calendes de mars. Ce jour est nommé bissextus ou bis sextillis (deux fois sixième), d'ou le nom d'année bissextile.

24 février 1495
Mort de Pic de la Mirandole. Il savait vingt-deux langues à dix-huit ans. A l'âge de vingt-quatre ans, il osa faire afficher à Rome, et soutenir publiquement une thèse sur tous les objets des sciences, sans en excepter aucune ; c'est cette fameuse thèse intitulée : De omni re scibili, qui comprenait 1400 propositions. « Je crois, dit l'abbé de Longuerne, qu'il ne faut pas d'autre titre pour être logé aux petites maisons. » Il faut savoir que dans le siècle où vivait Pic de la Mirandole, la passion de la science universelle était à la mode, et cette science universelle consistait à savoir par coeur, sur chaque matière, quelques mots qui ne donnaient aucune idée. Pic de la Mirandole abrégea ses jours dans ces immenses et vaines études, et mourut à trente-deux ans.

24 février 1495
Le roi Charles VIII entre victorieux dans Naples. Les droits de Charles sur le royaume de Naples étaient fondés sur la cession faite au roi son père, par Charles d'Anjou, héritier de son oncle René, roi de Naples et de Sicile. Charles ayant formé le projet de faire valoir ses droits, partit pour l'Italie en 1494. De Vese et Briçonnet furent les principaux moteurs de cette entreprise. Tous les princes d'Italie y prirent part, chacun suivant son intérêt. Les Vénitiens, dans l'espérance de s'agrandir, à la faveur des troubles ; Alexandre VI, pour procurer des établissements à sa famille ; mais surtout Ludovic Sforce, qui, ayant formé le projet d'usurper le duché de Milan, sur son neveu Galeas, qu'il méditait d'empoisonner, voulait donner assez d'affaires à Ferdinand, roi de Naples, dont la petite-fille avait épousé Galeas, pour l'empêcher de se venger. Ferdinand, saisi de terreur, mourut d'apoplexie. Alphonse, son fils, lui succéda. Charles VIII fut reçu dans Florence le 17 novembre 1494, entra dans Rome en vainqueur, à la lueur des flambeaux, le 31 décembre, et y fit des actes de souveraineté l'année suivante. Alexandre VI capitula avec lui. Alphonse voyant ses sujets ébranlés à l'approche du roi, et sentant qu'il n'en était pas aimé, remit sa couronne à son fils Ferdinand, jeune prince d'un grand courage et chéri des peuples ; mais la terreur du nom français était trop grande pour qu'il pût s'opposer à leurs progrès. Ferdinand se retira, et Charles VIII entra victorieux dans Naples, le 21 février 1495, avec les ornements impériaux. Toutes ces conquêtes se firent en moins de six mois. L'exellence de lartillerie française étonna beaucoup les Italiens dans cette guerre, et contribua beaucoup à la rapidité de nos succès.
Il arriva à Charles VIII ce qui arriva depuis à ses successeurs. Il fut chassé d'Italie, et eut bien de la peine à rentrer en France, ne remportant que l'honneur d'un vain triomphe, et le bonheur d'avoir échappé, par des prodiges de bravoure, à une armée considérable qui pensa l'envelopper lui et ses troupes.

24 février 1500
Naissance de Charles-Quint.

24 février 1525
Les troupes de Charles-Quint commandées par le connétable de Bourbon remportent sur les Français la fameuse victoire de Pavie, où le roi François Ier fut fait prisonnier.

24 février 1527
Les états de Bohême choisissent pour leur roi Ferdinand, frère de Charles-Quint. C'est ainsi que ce royaume est entré dans la maison d'Autriche.

24 février 1529
L'empereur Charles-Quint se fait couronner à Bologne par le pape Clément VII. Il reçoit de lui trois couronnes : celle d'Allemagne, celle de Lombardie et l'impériale, à l'exemple de Frédéric III. Le pape, en lui donnant le sceptre, lui dit : « Empereur, notre fils, prenez ce sceptre pour régner sur les peuples de l'Empire, auxquels, nous et les électeurs, nous vous avons jugé digne de commander. » Il lui dit, en lui donnant le globe : « Ce globe représente le monde que vous devez gouverner avec vertu, religion et fermeté. » La cérémonie du globe rappelait l'image de l'ancien empire romain, maître de la meilleure partie du monde connu, et convenait en quelque sorte à Charles Quint, souverain de l'Espagne, de l'Italie, de l'Allemagne et de l'Amérique. Charles Quint baisa les pieds du pape pendant la messe ; mais il ne conduisit point la mule, et ne tint pas l'étrier. L'empereur et le pape mangèrent dans la même salle, chacun seul à sa table.

24 février 1540
L'empereur Charles Quint arrive dans la ville de Gand, qui s'était soulevée contre l'archiduchesse Marguerite, sa soeur, gouvernante des Pays-Bas. Il apaise la rebellion, en faisant pendre une douzaine de bourgeois.

24 février 1563
Assassinat du duc de Guise pendant le siège d'Orléans, par Poltrot de Méré, protestant fanatique. Le duc meure des coups de couteau qui lui ont été portés. Son assassin sera écartelé.

24 février 1582
Bulle du pape Grégoire XIII, pour la réforme du calendrier. Successeur de Pie V, il a rendu son nom immortel par la réforme du calendrier qui porte son nom. Dès l'an 325, le premier concile de Nicée, voyant le dérangement que le temps apportait au calendrier de Jules César, qu'on suivait en Europe, consulta comme lui les Grecs d'Alexandrie. Ces Grecs répondirent que l'équinoxe du printemps arrivait alors le 21 mars, et les pères réglèrent la fête de Pâques sur la pleine lune qui suit l'équinoxe, et sur la période de 19 ans qui ramène les pleines lunes ; mais il y avait encore erreur sur la révolution apparente du soleil : et l'équinoxe du printemps, au siècle du concile de Nicée, arrivait le 21 mars. Au temps du concile de Trente, l'équinoxe avait avancé de dix jours et tombait au 11 de ce mois. Le cycle lunaire étant en erreur d'une heure et demie, les pleines lunes étaient aussi dérangées ; l'église voulait revenir à l'équinoxe du concile de Nicée. Grégoire fit consulter tous les célèbres astronomes de l'Europe, entre autres Régiomantanus. Il ne fallut que retrancher dix jours de l'année 1582, où l'on était alors, et prévenir le dérangement dans les siècles à venir, par une précaution aisée, de supprimer trois bissextiles en quatre cents ans ; c'est le calendrier qui porte le nom du pape Grégoire XIII, ainsi que le nom de Sosigènes, qui fut couvert par celui de César. Il n'en était pas ainsi chez les Grecs, la gloire de l'invention demeurait aux savants. Le pape introduisit aussi le calendrier des épactes pour régler la pleine lune pascale. Il pressa la conclusion de cette réforme ; il eut plus de peine à la faire recevoir par les nations qu'à la faire rédiger par les mathématiciens ; la France résista quelques mois ; enfin, sur un édit de Henri III, enregistré au parlement de Paris, on s'accoutuma à
compter comme la cour de Rome, mais l'empereur Maximilien II ne put persuader à la diète d'Augsbourg le changement de dix jours. Ainsi l'ancien calendrier subsista encore quelque temps, même chez les catholiques de l'Allemagne. On pense bien que les protestants de toutes les communions ne montrèrent pas plus de déférence ; mais enfin ils ont été obligés d'adopter la réforme : il faut excepter la Russie, dont l'année à retardé toujours sur la nôtre, d'abord de dix jours, puis de onze.

24 février 1583
Le prince de Parme, pour empêcher les habitants de la ville d'Anvers de recevoir du secours, fait fermer l'Escaut par un pont qui a deux mille quatre cents pieds de long, et si solide que toutes les munitions de l'armée y passèrent. Les assiégés, pour les détruire, construisirent des bateaux remplis d'artifice, un desquels s'étant arrêté à ce pont en emporta, en crevant, une partie considérable, et plus de huit cents hommes de l'armée ennemie y périrent.

24 février 1585
Ordonnance du roi de Suède par laquelle il introduit dans son royaume l'usage du calendrier grégorien.

24 février 1619
Naissance de Charles Le Brun à Paris. Il deviendra le peintre officiel de la Cour de Louis XIV. Infatigable, son activité est multiple : il décoré les châteaux de Versailles, de Sceaux, de Saint Germain et de Marly ; il dirige la Manufacture des Gobelins ; il peint des portraits dont celui du Roi Soleil.

24 février 1848
Le soulèvement de Paris se fait très violent, les insurgés se rapprochant des Tuileries. Cette menace pousse le roi à fuir en direction de Dreux.

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