Quelques événements du 28 SEPTEMBRE

28 septembre 1066
Invasion de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant. « Un nez court, gros et aquilin, un menton fort saillant, une figure massive, très romaine,un masque de César auquel il ne manque que la couronne de lauriers », tel est le portrait que brosse Jean de La Varende de Guillaume le Conquérant. Dès le mois de juin, Guillaume préparait dans ses moindres détails son expédition vers l'Angleterre, opération qui deviendra une véritable épopée. Durant son absence, la régence serait assumée par sa femme Mathilde, assistée du vieux Roger de Beaumont. On s'embarquerait à Dives-sur-Mer près du village de Saint-Sauveur, nommé ainsi en souvenir d'un ancien miracle. Vers la fin du mois de juillet, tous les préparatifs étaient terminés mais l'armée ne s'embarqua qu'aux tout premiers jours de septembre, attendant un vent favorable capable de pousser toute la flotte vers les côtes anglaises. Un tel rassemblement de guerriers tendus et énervés par une longue attente aurait pu provoquer des incidents dans la région. Il n'en fut rien. Pour calmer les esprits, Guillaume ne quitta plus le camp. Il vécut au milieu de ses chevaliers, leur parlant des richesses de l'Angleterre. Bientôt il décida de jeter l'ancre dans l'estuaire de la Somme, afin de diminuer la distance à parcourir pour atteindre la côte anglaise. L'admirable tapisserie de Bayeux nous montre l'embarquement du matériel qui se fit en trois phases : l'armement lours (heaumes, épées d'arçon, « broignes », puis l'armement léger, d'immenses provisions de vin, enfin on fit monter les chevaux à bord. Et l'on attendit. Les navires étaient si nombreux que l'on croyait voir une épaisse forêt.
Guillaume décida que la traversée s'effectuerait dans la nuit du 27 au 28 septembre. Il connaissait la force des marées d'équinoxe et le danger qu'elles représentaient, mais il voulait tenter sa dernière chance avant l'hiver. Bientôt on fut en vue de la côte. Il n'y avait personne sur le rivage. L'armée massée par Harold au sud de l'Angleterre étant surtout composée de paysans, ceux-ci s'impatientèrent de ne pas rentrer chez eux pour les moissons. Aussi, Harold, ne croyant plus à la possibilité d'un débarquement à une saison si avancée les avait-il renvoyés chez eux. Guillaume débarqua, mais, sous le feu des regards, sous la tempête des acclamations, il trébucha et tomba sur le sable, les mains en avant. L'esprit superstitieux des Normands leur fit croire à un mauvais présage. Mais Guillaume lança immédiatement cette répartie : « Seigneurs, par la splendeur de Dieu, cette terre, je l'ai des deux mains saisie. Elle est tout à nous... »

28 septembre 1347
Sur les instances du pape Clément VI, une trêve est conclue entre la France et l'Angleterre, après la perte des villes de Calais et Crécy par les Français. Cette trêve prendra fin en 1355.

28 septembre 1582
Mort de George Buchanan, né en Ecosse, l'an 6 du XVIe siècle. Elevé à Paris, il fut successivement soldat, professeur, gouverneur du jeune comte de Cassils, et précepteur du comte de Murray, fils de Jacques V. On croit qu'il fut aussi le précepteur de Montaigne. Il demeura longtemps près de Marie Stuart. Les Etats le nommèrent précepteur de Jacques VI d'Ecosse. Pendant les dernières années de sa vie, il composa une Histoire d'Ecosse : il mourut pauvre.

28 septembre 1698
Naissance de Maupertuis. Aux environs de 1736, régnait une grande controverse scientifique sur la forme de la terre. Certains pensaient que notre sphère s'applatissait légèrement aux pôles. D'autres, au contraire, pensaient qu'elle s'allongeait et avait la forme d'une datte. Afin de trancher cette discussion, l'Académie des sciences de Paris envoya une mission au Pérou afin de mesurer le méridien équatorial. Maupertuis, de son côté, demanda à diriger une autre expédition qui se rendrait le plus près possible du pôle Nord. La proposition fut acceptée et il se mit immédiatement à préparer son voyage en Laponie. Ces préparatifs désolèrent Mme du Châtelet avec qui le savant était très lié. « Il est plus aisé de faire des calculs d'algèbre, soupira-t-elle, que d'être amoureux. » Le but de voyage fixé, Maupertuis décida de se rendre dans la région du golfe de Botnie. Arrivés sur les lieux de leurs travaux, les membres de l'expédition remarquèrent que le fleuve Torne suivait à peu près la même direction que le méridien. Ils firent donc leurs mesures en prenant des repères le long de ce fleuve. Ils travaillèrent tout l'été mais regagnèrent la ville de Tornéa pour l'hiver, le froid n'étant plus supportable. Dès le printemps, ils reprirent leurs calculs et, lorsqu'ils eurent la certitude que la terre était effectivement aplatie aux deux pôles, ils regagnèrent la France.
Leur retour fut triomphal. Maupertuis fut félicité par le roi en personne. Tournières fit son portrait, le représentant auprès d'un globe terrestre qu'il applatit de la main.

28 septembre 1742
Mort de Massillon, prédicateur français. Le Carême qu'il prêcha devant Louis XV, et qui est resté sous le nom de Petit Carême, l'a surtout rendu célèbre.

28 septembre 1841
Naissance de Georges Clémenceau à Mouilleron-en-Pareds, en Vendée. Initialement médecin, il viendra à la politique par son hostilité à Napoléon III. Président du Conseil de 1906 à 1909, il sera ensuite rappelé à la tête du gouvernement en novembre 1917, et s'illustrera en galvanisant les troupes françaises, ce qui lui vaudra le surnom de père la victoire.

28 septembre 1895
A Saint-Cloud, mort de Pasteur, fondateur de la microbiologie. La France lui accorde des funérailles nationales à la cathédrale de Notre-Dame. Fils de tanneur, Louis Pasteur était né le 27 décembre 1822 à Dole, dans le Jura. En 1847, il obtient un Doctorat de physique-chimie à l'école normale supérieure, avant d'enseigner à Dijon, Strasbourg, puis à Lille en 1854 en tant que professeur de chimie et doyen de la faculté de sciences. Au cours de ses recherches sur les boissons alcoolisées, il met en évidence le rôle des levures dans la production d'alcool et celui des bactéries dans l'acidité du vin, de la bière et du lait aigre. Il propose ainsi de chauffer à hautes températures et sous pression les liquides avant leurs mises en bouteilles, procédé qui prendra le nom de Pasteurisation. En 1865, il sauve l'industrie de la soie en vainquant la maladie dénommée pébrine. En 1885, il administre avec succès à un jeune alsacien, Joseph Meister, mordu par un chien enragé, un traitement qu'il a mis au point. L'ère de la vaccination est née.

Fermer cette fenêtre